L’or : la mort d’un rêve sur la Dorsale Rgueibatt | Elhourrya

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L’or : la mort d’un rêve sur la Dorsale Rgueibatt

mer, 27/04/2016 - 12:23

Dans la zone couverte par la vaste Amazonie, se trouvait un royaume bâti sur l’or appelé Eldorado. Les Espagnols débarquent à sa recherche, au VIème siècle mais ne le trouvent pas. On pense pourtant que ce fabuleux royaume existe.

C’est l’histoire de la découverte par les archéologues des vestiges d’une civilisation perdue dans celle du mythe de l’or. Car l’histoire de l’Eldorado dépassait celle du métal jaune et possédait la force de changer la face du monde.

En 1542, Francisco de Orellana découvre le fleuve Amazone, alors qu’il cherchait le royaume de l’Eldorado dont les Indiens disaient qu’il existait quelque part. Il a cherché huit mois durant, parcourant les marécages mais sans rien trouver. De retour en Espagne, il rapporte des histoires merveilleuses sur une civilisation ignorée jusqu’alors. Mais quand les Espagnols reviennent quelques années plus tard en Amazonie, ils ne trouvent rien de ce qu’Orellana a raconté, à part des villages d’Indiens éparpillés.

 

Quand il était venu, Orellana avait évoqué des habitants par milliers et des villages s’étendant à perte de vue sur des miles. Mais cinquante ans plus tard, personne n’a pu s’assurer de ces histoires qu’ Orellana avait pourtant décrites avec forces détails. L’Eldorado a-t-il jamais existé ou s’agit-il d’histoires créés de toutes pièces par Orellana pour épater la cour d’Espagne ?

Je n’ai vu ni entendu de faits qui établissent, sans aucun doute, le mythe de l’or dont on parle aujourd’hui dans chaque foyer mauritanien. Malgré cela, les vagues de ceux qui aspirent à bâtir des cités en or grandissent de jour en jour. Ils empruntent le chemin de l’inconnu, à la recherche de l’Eldorado.

Des centaines de jeunes, voire des milliers, cherchent à acquérir, seuls ou par groupe, l’appareil détecteur de l’or dont certains milieux influents promeuvent la vente et partant, celle du rêve. Ils mobilisent même pour cela la gigantesque machine des renseignements et des médias qui a fait que les Espagnols, à la recherche de l’Eldorado, n’ont pas payé seulement le prix des navires qui les ont porté vers les marécages de l’Amazonie,  mais aussi au péril de leur vie.

Le rêve de la fortune dans le désert de Tasiast parait plus fort que celui du voyage dans les forêts de l’Amazonie où seules les pluies drues et les morsures de serpents constituaient l’évènement. Orellana n’avait pas imposé de taxes à ceux qui rêvaient d’être riches. Il ne leur cachait pas la carte qui pouvait mener au « trésor » dans les marécages de l’Amazonie. Malgré cela, Espagnols et Européens étaient persuadés que les richesses de l’Eldorado existaient bel et bien, qu’elles étaient cachées quelque part. Sans rien trouver.

Puis, ils se sont dirigé vers la lagune de Guatavita qu’ils ont tenté de vider de ses eaux en 1545. La baisse du niveau de l’eau leur permis de découvrir des centaines de pièces d’or. Etait-ce l’Eldorado tant recherché ? La réponse est évidemment non.

Sans doute aussi qu’il n’y a pas d’Eldorado à Tijirit ni sur la colline de Dewas et encore moins à Tasiast, malgré l’appauvrissement des citoyens avec des taxes que l’importateur d’appareils détecteurs devaient supporter lui-même. Le mensonge d’Orellana profite uniquement aux caisses de l’Etat et à quelques hommes d’affaires bien introduits. Quant aux jeunes mauritaniens, l’histoire dira qu’ils ont connu le même sort que les Espagnols qui ont couru derrière le mythe de l’Eldorado. Des milliers d’aventuriers et d’hommes puissants ont couru vers cette zone où l’on prétend que l’or existe en quantité plus grande que le fer. Mais leurs rêves se sont brisés en ces lieux exactement comme se sont brisés ceux des hommes bleus sur la Dorsale Rgueibatt.

Mohamed Néma Omar