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J’aime Donald Trump

jeu, 09/02/2017 - 17:45

J’ai décidé, tout à coup, de faire cette déclaration d’amour, pour le moins insolite et anachronique, pour vous avouer,publiquement et pudiquement, que j'aime Donald Trump. Pourtant, je ne suis ni Homophile, ni Homophobe. Je suis tout simplement HomoMauritanicus, tel que le décrivait l’indescriptible Habib Mahfoudh.

Mon coup de foudre pour le Monsieur, avant que ceux de ses foudres  ne nous parviennent, est motivé par ses similitudes quasi parfaites avec notre Trump national.

Ils sont tous les deux mal élus. L’étasunien avec seulement les « Grands électeurs » et près de trois millions de suffrages en moins que sa rivale Hilary Clinton. Le mauritanien avec les « électeurs fantômes », ces farfadets et feux follets qui faisaient sursauter, parait-il, les suffrages d’une case à une autre sur les bulletins de votation, au gré du seul grand électeurde chez nous qu’est l’armée nationale.

Les deux, se ressemblent à s’y méprendre, dans leur mépris du corps judiciaire. L’américain le traite d’impartialité et de « soi-disant », tandis que le nôtre le traitre à volonté en lui dictant ce qu’il doit faire, refaire, ou ne pas se risquer, du tout, à faire.

Nos hommes se ressemblent aussi par leur animosité viscérale envers les voisins immédiats. Si l’étasunien, inspiré en cela par le mur israélien, veut en construire un entre son pays et le Mexique, aux frais de ce dernier malgré lui, le nôtre a des relations tumultueuses avec ses voisins : méfiantes avec le Sénégal, défiantes avec le Maroc, ambiguë avec l’Algérie et froides et distantes avec le Mali.

Leurs similitudes quant aux appréhensions par rapport aux immigrés sont tout à fait frappantes. Si le Trump étasunien a osé interdire l’accès du territoire aux ressortissants de 7 pays à majorité musulmane, supprimé la version espagnole du site Web de la White house, le nôtre ne cesse d’enquiquiner les ressortissants des pays membres de la CEDEAO, avec laquelle, pourtant, nous venons de mener la médiation ou l’intermédiation en Gambie, et avec laquelle nous avions bon espoir de conclure, à défaut d’y revenir, un accord de partenariat privilégié.

Si Donald Trump semble vouloir gouverner la plus grande puissance du monde à travers des Tweets souvent jugés impulsifs et arrogants, notre Donald national n’a jamais révélé « son réseau social de prédilection ». Est-ce la télévision du couple UPRKhira-Maham, l’AMI, ou un une autre tribune parmi nos multiples formes privilégiées de tradition orale ? Ça relève du domaine réservé, voire du secret d’Etat. En tout cas les deux hommes semblent mépriser les médias, et leur dire,  en filigrane, faites ce que vous voulez, nous ferons comme bon nus semble !

Les deux hommes semblent présenter la similitude de décider sans étudier, consulter ou méditer. Noua appelons ça, nous les peu avertis, improvisation et autocratie. Eux, ils croient faire, au moins, l’économie des conseils tendancieux et des coûts faramineux d’études, selon eux, inutiles et retardatrices. Ainsi l’étasunien a déjà signé la relance des travaux de l’Oléoduc, malgré les conclusions défavorables des environnementalistes en plus des vives protestations des indigènes pour la profanation de terres qui leur sont sacrées.

L’amour de l’argent et le fort penchant pour la richesse démesurée semble constituer, lui aussi, un point de convergence entre les occupations et préoccupations des deux dirigeants, pour le moins, atypiques. Si l’américain a déjà dévoilé sa Trump-Tower, le nôtre se plait toujours à nous jouer les sales tours en s’évertuant à vouloir se faire compter parmi les pauvres. Pauvres de nous Z’autres, comme dirait l’autre.

Belle Plume, février 2017