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Crise : La faute aux politiques

ven, 10/02/2017 - 09:18

Trop c’est trop. Depuis août 2005, les hommes politiques se jouent de nous. Coup d’état, élections, comme sortie de crise, re-coup, réélections et re-crise ! Si les militaires sont toujours à l’origine de nos « maux » démocratiques, les hommes politiques sont là pour les entretenir. Sans distinction. Ceux qui sont avec le pouvoir comme ceux qui sont contre lui. Chaque camp défend ses intérêts, manœuvre en fonction de ce qu’il pense être non pas juste mais justifiable.

C’est ainsi qu’il faut comprendre tous les accommodements qui ont permis aux auteurs du coup d’Etat du 3 août 2005 d’embarquer avec eux toute la classe politique mauritanienne dans une « transition » militaire qui était en fait un marché de dupes. Le président du Comité militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) avait apparemment joué le jeu pensant pouvoir revenir, à la ATT, au bout de cinq ans. C’était honnête de la part d’un colonel qui avait passé vingt à la tête de la sûreté nationale et avait accepté – malgré lui ? – de participer à une conspiration menée par deux colonels de la seconde génération. Le colonel Aziz, principal auteur du coup d’Etat, voulait faire passer son « champion », Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, et gouvernait à travers lui ! Les hommes politiques, « indépendants » ou pas, qui avaient soutenu ce funeste projet de travestissement de la démocratie sont ceux-là même qui continuent aujourd’hui à animer la scène avec une opposition non exempte, elle aussi, de reproches. Le premier est d’avoir toujours succombé au charme du pouvoir. Quand l’Alliance populaire progressiste (APP) de Messaoud Ould Boulkheir, quittait « l’opposition » pour soutenir le « candidat d’Aziz ». Quand plusieurs partis d’opposition acceptaient d’entrer dans le gouvernement du Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghf, provoquant la volte-face de la majorité manipulée ou pas par les militaires. Quand le RFD d’Ahmed Ould Daddah soutenait, contre toute logique, le coup d’Etat du général Aziz, le 6 août 2008, voyant en lui un « raccourci » pour que son chef arrive enfin à cette présidence qui semble être l’unique objet – la quête du Graal – de son long combat politique.

Ce sont tous ces errements qui expliquent la crise dans laquelle le pays se débat aujourd’hui. La seule fois où parler d’accumulation d’erreurs se justifie. Et pourtant, on ne semble pas avoir tiré la leçon qui s’impose de tout le fatras politique engendré par la dislocation du Système Taya, en 2005, et de sa recomposition, en 2009, pour accompagner un président Aziz incapable de refouler une sorte d’admiration pour le « modèle » qu’il a accompagné vingt ans durant.