Amendements constitutionnels : deux ministres en campagne à Boghé | Elhourrya

video

Elhourriya Zoom

social

Amendements constitutionnels : deux ministres en campagne à Boghé

dim, 30/04/2017 - 10:56

A Boghé, ce 29 avril 2017, la campagne de sensibilisation en faveur du « oui » pour les amendements constitutionnels proposés par le président Mohamed Ould Abdel Aziz était bien lancée. Initiative de deux membres du gouvernement (Mme Khadijetou Mbareck Fall, Ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères chargée des affaires maghrébines, africaines et des Mauritaniens à l’étranger, et M. Diallo Mamadou Bathia, ministre de la Défense), le meeting populaire de Boghé avait pour particularité, de l’avis de bon nombre d’acteurs politiques locaux, d’avoir tu toutes dissensions à propos d’une question que les cadres de l’Union pour la République (UPR) ont unanimement jugée comme « d’intérêt national ». Partant de ce premier point de convergence, la mobilisation était à la hauteur de l’évènement, tout comme la présence des personnalités qui comptent : les deux ministres à l’origine de l’initiative, bien sûr, le commissaire adjoint aux droits de l’homme et à l’action humanitaire, Rassoul Ould Khal, les généraux à la retraite Dia Adama et Félix Négri, le colonel à la retraite Ely Ould Mohamed Vall, les élus locaux (maires, députés et sénateurs ainsi que les représentants de l’UPR au plan régional (le fédéral Mohamed Ould Diahloul) que national en la personne de l’ancien ministre et actuel ambassadeur de Mauritanie aux Nations unies, Ba Ousmane.

Laissant la parole d’abord aux représentants des populations et au parti (fédéral, président de la section et de la sous-section), les deux ministres ont par la suite pris la parole pour expliquer, en termes pédagogiques, et dans les deux langues parlées dans la moughataa de Boghé (pulaar et hassaniya) les raisons objectives qui ont poussé le président Mohamed Ould Abdel Aziz à soumettre ces amendements au verdict des urnes, après avoir été acceptées, et largement, par l’Assemblée nationale, et rejetées par 33 sénateurs sur 56 !

Les explications, raisons et arguments en faveur des amendements livrés par le ministre de la Défense, qui a aussi passé en revue les réalisations du pouvoir en place, ont été repris, méticuleusement, par la ministre Khadijetou Mint M’Bareck Fall dans un hassaniya pédagogique avec, pour finalité, de toucher un auditoire composé, pour l’essentiel, par le Peuple, au sens premier du terme. Le ton était plein de verve parce que venant du fond du cœur.

Après avoir salué l’assistance, elle soulignera, avec force, que cette initiative « appartient à tous les cadres de Boghé », montrant sa volonté de ne pas faire comme ceux qui, dans le passé, voulaient tirer la couverture à eux seuls.

Mint M’Bareck Fall bâtira ensuite son argumentaire en faveur du référendum (et du « oui » pour les propositions) en rappelant les résultats d’un dialogue auquel ont pris part tous les partis de la Majorité et une bonne partie de ceux de l’opposition.

Parfois complémentaire du « discours de la méthode » du ministre de la Défense, parfois allant plus loin en termes d’engagement et de ciblage des mots qui sonnent vrais, Mme la ministre, qui parle « en Boghéenne », dira-t-elle, a balayé d’un revers de la main les arguments de l’opposition qui refuse les amendements. D’ailleurs, l’ancien ministre et actuel ambassadeur de la Mauritanie auprès des Nations-Unies, M. Bâ Ousmane, dira que c’est cette même opposition, qui a voté contre la constitution de 1991, et qui veut son maintien en 2017 !

Pour la ministre, le « non » des sénateurs est, après coup, positif. Il dénote que la démocratie existe en Mauritanie et que les allégations de pressions du pouvoir sur les élus de la chambre haute du parlement n’avaient aucun fondement. Revenant sur la symbolique forte des bandes rouges à ajouter au Drapeau, elle dira qu’elles sont un hommage à nos martyrs et que désormais l’atteinte aux intérêts de la Mauritanie, et particulièrement à son intégrité (territoriale ou autre) sont une ligne rouge. Le nouveau drapeau sera donc un hymne aux sacrifices consentis et à consentir dans l’avenir.

A propos des conseils régionaux, les arguments des deux ministres en campagnes ne manquent pas de pertinence. Pour le ministre de la Défense, la Mauritanie n’a connu l’expérience du sénat qu’à partir de…1992 et il n’est pas établi que cette expérience soit un succès. Pour la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères chargée des affaires maghrébines, africaines et des Mauritaniens à l’étranger, les questions de développement local sont l’essence même de la Décentralisation qui tient à l’établissement des conseils régionaux. Les problèmes de l’irrigué à Boghé sont différents de ceux de l’élevage au Hodh ou des ressources minières en Inchiri. Ils appellent une approche différentielle que ni le sénat ni même l’assemblée nationale ne peuvent appliquer. Celle que « Lem’cha’cha », fervent adepte des amendements constitutionnels et partisan même du maintien du président Aziz au-delà du second mandat, qualifie de « ministre de l’unité nationale » a souligné l’absence de problèmes de coexistence entre communautés à Boghé. Elle révélera la symbiose entre elle et son ainé le ministre de la Défense Diallo Mamadou Bathia qu’elle a remercié, chose rare chez un ministre de la République, pour « son soutien et ses précieux conseils ».

Mint MBareck Fall conclura son plaidoyer en faveur des amendements constitutionnels en réaffirmant que la force de la Mauritanie, et le secret de sa réussite, avec Ould Abdel Aziz, résident dans sa stratégie sécuritaire. « Il suffit de voyager, comme je le fais en tant que  Ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères chargée des affaires maghrébines, africaines et des Mauritaniens à l’étranger, pour se rendre compte de l’énorme fossé qui existe entre ici et là-bas », martèle-t-elle. Et la ministre de conclure : « remercions le président de la République pour ces efforts sécuritaires  mais aussi pour les réalisations dont le département de Boghé a eu son lot et qui, sous peu, jouira des bénéfices de l’extension de sa plaine agricole et de l’augmentation de son approvisionnement en eau potable ».

 

Synthèse : SM