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Gaz : la Mauritanie et le Sénégal d’accord

mer, 14/03/2018 - 09:05

En Mauritanie et au Sénégal nombreux sont ceux qui ont salué la signature, le 9 février, d’un accord permettant l’exploitation du gisement gazier offshore commun « Grand Tortue-Ahmeyim » (GTA) de 450 milliards de mètres cubes à partir de 2021. Mais, côté mauritanien, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a, dans une réponse sur la question livrée à Jeune Afrique, laissé entendre qu’il y a encore des étapes à franchir avant d’arriver à un accord final : « On ne peut pas se réveiller un beau jour, prendre une feuille de papier et signer un accord. C'est un processus qui prend du temps avant d'aboutir », avait-il dit, avant de poursuivre, comme pour atténuer l’impact de ce qui peut être perçu comme un revirement : « Entre deux États voisins, nous partageons beaucoup de choses, que ce soit le fleuve ou nos ressortissants. Macky Sall et moi avions la responsabilité de faire le bon choix pour rapprocher nos pays. »

Il faut dire que si Kosmos Energy et son partenaire stratégique British Petroleum (BP) se sont réjouis de cet accord, quatre jours après sa signature, l’opposition, au Sénégal et en Mauritanie, a très vite dénoncé un projet de partenariat dont les clauses n’ont pas été révélées aux opinions publiques dans les deux pays.

C’est d’abord au Sénégal qu’Idirssa Seck, président du parti Rewmi, et ancien Premier ministre d’Abdoulaye Wade, invite les autorités de Dakar à la transparence avant et après la ratification de l’accord par le parlement. En Mauritanie, le chef de file de l’opposition démocratique, Hacen Ould Mohamed, du parti islamiste Tawassoul lui emboite le pas, trois jours après, le 19 février 2018, pour exiger une transparence légitime sur le partage de ce gisement gazier, le plus important en Afrique de l’Ouest, estimé à 450 milliards de mètres cube.

Pour l’instant, seules les compagnies en charge du développement de ce champ gazier semblent avoir reçu une copie de cet accord qu’elles se sont empressées de bénir, dès le 13 février, par voie de communiqué.

En commentant la signature de l’accord, le président-directeur-général de Kosmos, Andrew G. Inglis, a dit : « Kosmos félicite la Mauritanie, le Sénégal (…) d’avoir travaillé ensemble très fructueusement pour parvenir à un accord qui permet de développer leurs ressources gazières partagées rapidement et efficacement au bénéfice des deux pays. Le concept novateur d’une unité flottante de GNL à proximité des côtes, qu'on utilise pour Tortue, positionne le développement en tant que projet de GNL entièrement nouveau parmi les moins coûteux au monde. Nous avons hâte de travailler avec BP et avec nos partenaires, les deux sociétés pétrolières nationales, pour continuer le processus de l'ingénierie de base. »

En effet, avec l’entrée en vigueur de cet Accord de Coopération Intergouvernementale (ACI), permettant le développement de Tortue, Kosmos prévoit une décision finale d’investissement (DFI) pour le projet de Grand Tortue vers la fin 2018.

« Tortue » est la principale découverte gazière en Afrique depuis celle du champ égyptien de « Zohr » en 2015 qui lui est un peu supérieur. Sa mise en exploitation pourrait intervenir en 2021, si les fonds nécessaires au chantier sont levés rapidement.

Le coût d’investissement pour les installations d’exploitation avoisine les 10 milliards de dollars, selon les experts.

AFRIMAG (Maroc)