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Pour autorisation de ratification : Macky Sall soumet l’accord gazier entre le Sénégal et la Mauritanie aux députés

ven, 01/06/2018 - 15:21

Le Soleil - Sans doute, le Conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractive (Itie) ne s’est pas trompé, en désignant, au début de ce mois, le Sénégal comme le pays modèle en Afrique.

Qualifiant, à cette occasion, «les progrès accomplis par le Sénégal (d’) impressionnants», Fredrik Reinfeldt, président de l’Itie, déclarait «félicite(r) le gouvernement et toutes les parties prenantes et les encourage à faire du Sénégal un pays pionnier pour la divulgation systématique et régulière des données Itie».

En effet, après avoir adhéré à ce mécanisme majeur, en 2013, à l’initiative du président Macky Sall, le Sénégal a publié ses rapports Itie 2015 et 2016, le 16 octobre 2017, devenant le pays le plus ponctuel d’Afrique en termes de déclarations Itie.

Ce 1er juin 2018, moins d’un mois après cette gratification internationale, le président Macky Sall est encore à l’initiative d’un acte qui va participer à graver, dans le marbre, sa volonté de tout gouverner dans la transparence.

Et faire taire, on peut l’espérer, les orfraies qui ont tenté d’effrayer les Sénégalais après l’accord signé avec la Mauritanie pour l’exploitation et le partage des gisements de gaz dénommés «Grand Tortue/Ahmeyin», situés à la frontière des deux pays. En effet, ce matin, ledit accord sera soumis au vote des députés pour autorisation de ratification au président de la République.

Pour rappel, c’est le 09 février 2018 que les présidents Macky Sall et Mohamed Ould Abdel Aziz avaient signé cet accord, à Nouakchott. L’opposition avait rué dans les brancards pour indexer un accord ficelé en catimini, dans la précipitation, au grand détriment du Sénégal qui a tenté d’apaiser son voisin, suite aux incidents mortels ayant opposé des garde-côtes mauritaniens à des pêcheurs de Saint-Louis.

L’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, s’était même empressé d’écrire au président Macky Sall, l’enjoignant de rendre public cet accord.

Ce à quoi ce dernier avait répliqué, le 15 février, en pointant l’incurie de ses contradicteurs en matière de relations internationales, avant d’assurer que cet accord sera soumis, pour autorisation de ratification, aux députés, après avoir été adopté en Conseil des ministres ; une étape intermédiaire franchie, deux semaines plus tard, le 28 février.

Par la suite, le 05 mars, le président mauritanien s’exprimant dans les colonnes de Jeune Afrique, avait indiqué que lui et son homologue sénégalais « (n’ont) pas cherché à satisfaire les intérêts de (leurs) États, mais ceux de (leurs) deux peuples, car en exploitant rapidement ce gisement, (ils) amélioreront leurs conditions de vie».

Et Aziz ajoutait : «Ce ne sera certainement pas le seul (ndlr : accord du genre) que nous aurons à partager… C’est pourquoi il était de notre devoir d’y arriver, et rapidement. D’après les études de BP et Kosmos, l’exploitation commencera d’ici à l’horizon 2021.

Macky Sall et moi avions la responsabilité de faire le bon choix pour rapprocher nos pays. Les infrastructures d’exploitation seront d’ailleurs installées à nos frontières».

Les discussions ayant abouti à cet accord sénégalo-mauritanien avaient débuté en 2016, après la découverte, au début de cette même année, du champ gazier «Grand Tortue/Ahmeyim», considéré comme le plus important gisement en Afrique de l’Ouest, avec des réserves estimées à quatre cent cinquante (450) milliards de m3. Ce matin donc, à partir de 9h, en plénière, cet accord sera soumis au vote des députés – ainsi que quatre autres projets de loi.

Tous seront soumis à examen en présence du ministre des Affaires étrangères, lors d’un débat public ouvert à tout Sénégalais désireux de le suivre.