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Nouveau gouvernement : un remaniement « stratégique »

mar, 30/10/2018 - 22:44

Un énième remaniement ministériel en Mauritanie. Et après ? Un fait banal, commente-t-on à Nouakchott,  parce que le chambardement attendu depuis près d’un mois n’a pas eu lieu. Aziz a procédé à la reconstitution du puzzle en changeant quelques pièces : Défense, éducation nationale, fonction publique, jeunesse et sports, culture…

 

Avec une team de 23 ministres, à laquelle il faut ajouter le ministre secrétaire général de la Présidence (qui n’a pas changé pour le moment) et le (nouveau) ministre d’Etat chargé de mission que d’aucuns considèrent comme un Premier ministre bis, Aziz devrait gouverner, sans difficultés, jusqu’à l’échéance présidentielle de mi-2019. L’attelage qu’il a mis en place ne prête pas à équivoque. C’est un gouvernement de précampagne, avec le maintien des ministres ayant fait bonne impression lors des dernières élections municipales, législatives et régionales, et l’entrée en lice de deux piliers du pouvoir issu du coup d’Etat de juin 2008 : le général de division, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ould Ghazouani, jusque-là chef d’état-major général des armées, appelé à faire valoir ses droits à la retraite fin novembre, et Sidi Mohamed Ould Maham, président de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir. Avec le maintien d’Ould Hademine dans la configuration stratégique de la « campagne », au sens militaire du terme, de 2019, ces deux positionnements sont les seuls qui comptent réellement, en plus du « retour » de la championne Naha Mint Mouknass, qui a prouvé, une fois de plus, que sa formation, l’UDP, a son mot à dire dans toute élection, du maintien  de Moctar Ould Diay, à l’Economie et des finances, du « placement » de Cheikh Ould Baya à la tête de l’Assemblée nationale, et de la « fusion-acquisition » d’Al wiam par l’UPR. Cette dernière manœuvre, contrairement à ce que pensent certains, est tout bénéfice pour l’UPR parce qu’elle consacre l’entrée en son sein d’un poids lourd de la politique et d’un sage comme Boidiel Ould Houmeid qui, avec Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Alliance populaire progressiste, ont beaucoup joué en faveur de l’apaisement et du dialogue.

Pour le reste (changement de portefeuilles), on peut dire que c’est un non évènement, toutes les pièces (ministres) étant interchangeables.

 

Sneiba Mohamed