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L’image du pays, parlons-en !

dim, 04/11/2018 - 17:56

L’image du pays. C’est un leitmotiv dont les pseudos défenseurs de l’image de la Mauritanie usent et abusent. A chaque fois qu’ils perdent une bataille, à l’extérieur, face à l’opposition, particulièrement, l’Initiative pour la Résurgence d’un mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA). Pourtant, l’Etat ne lésine pas sur les moyens pour que toutes les structures et ONGs censées défendre ses thèses auprès des institutions et chancelleries occidentales agissent avec efficacité.

On peut se demander : que fait le ministère des Affaires étrangères ? Le commissariat aux droits de l’homme ? La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) ? Les organisations de la société civile que le gouvernement finance à coups de millions, et qui sont de tous les voyages à Genève, Bruxelles ou Washington ?

Parce que les USA viennent de nous exclure de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) ou « Loi sur la Croissance et les Opportunités de Développement en Afrique », votée et promulguée en mai 2000 par le Congrès américain, sous l’égide du Président Bill CLINTON, et qui permet aux pays de l’Afrique Subsaharienne d’exporter sur le marché américain sans droit de douanes, on pointe du doigt l’opposition. Bouc-émissaire de tous les ratés du gouvernement !

D’accord, IRA et les ONG qui s’opposent au pouvoir ont usé de leurs arguments pour « tenir » l’image de la Mauritanie, mais quels sont les contre-arguments de ceux qui ont pour mission de la « défendre » ? Pourquoi ils échouent à tous les coups ?

Sans préjuger du bien fondé ou non de la décision prise par Washington, je pense qu’Aziz doit demander des comptes à toutes ces structures qui ont en charge le dossier des droits de l’homme, et notamment la question de l’esclavage. Pourquoi on entend plus la voix d’IRA, de SOS Esclaves ou du FONADH ? C’est parce qu’elles mettent de la raison dans ce qu’elles font. Les autres font parler leur cœur, sans conviction.

J’ai entendu un « journaliste » prétendre que les Occidentaux nous mettent la pression pour piller nos ressources. Balivernes ! Un autre suggère que la Mauritanie stoppe le projet d’exploitation du gaz jusqu’au départ de Trump ! Il pense que c’est une pression sur les USA, alors que nos dirigeants doivent prier nuit et jour pour que ce projet, sur lequel on compte beaucoup pour sortir de la précarité ambiante (ne serait-ce qu’au niveau des finances publiques) voit le jour.

En politique, comme à la guerre, tous les moyens sont bons pour remporter les batailles qui consolident les positions. Alors, la solution pour le gouvernement serait plutôt de se défendre. La diplomatie mauritanienne ne doit pas prêter le flan à ce qu’elle considère comme de simples allégations.

 

Abidine Ould Merzoug, un Mauritanien vivant en Allemagne, un militant des droits de l’homme endurci, prodigue, dans un post sur son facebook, ce précieux conseil aux responsables qui refusent de faire leur mea culpa : « La décision d’exclusion de l’AGOA se base, entre autres, sur les rapports fournis par les ONG (nationales et internationales) et les rapports des représentations diplomatiques accréditées, ainsi que les missions envoyées dans les pays pour y s’informer directement. Il y a une procédure à suivre pour soumettre un rapport aux autorités américaines pour leur demander d’exclure ou inclure un pays dans la liste AGOA, ou même dégrader un Etat dans le classement. Les ONG mauritaniennes peuvent apporter leurs témoignages des le début de 2019 pour influencer la prochaine décision pour 2020. »

 

Sneiba Mohamed