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FFRIM : une dictature s'installe

mar, 09/04/2019 - 18:06

Le président de la Fédération mauritanienne de football, Ahmed Ould Yahya, est en voie de remporter son « troisième mandat » ! Et oui, vous avez bien entendu ! Le mandat de « trop » que certains mauritaniens refusaient à Aziz qui, d’ailleurs, ne voulait pas lui-même de ce « bonus » qui enfreint une clause essentielle de notre constitution.

Ould Yahya est pourtant un pro-Aziz. Il ne rate aucune occasion pour vanter les réalisations du raïs, y compris celles qui ont permis au président de la FFRIM d’avoir les conditions idéales pour porter notre football au niveau qu’on chante aujourd’hui. Oui, ça, il faut le reconnaître. Ahmed Ould Yahya a un bon bilan à faire valoir. Deux qualifications successives au CHAN (Championnat d’Afrique des nations de football) et, pour maintenir la cadence, une qualification historique à la phase finale de la CAN de cette année, Égypte 2019. Tout cela est beau, tout cela est méritoire, mais est-ce suffisant pour se lancer, tête baissée, dans une « dictature » du football qui consacrera un long règne qui rappelle, dans son élaboration et dans son processus, les « rois » João Havelange, président de la FIFA de 1974 à 1998 (24 ans), Sepp Blatter, le Suisse qui a pris la succession du Brésilien pour un autre long règne sur les « affaires » du football, de 1998 à 2015 (17 ans), ou encore, Issa Hayatou, Camerounais qui a régné sur la Confédération africaine de football (CAF) de 1988 à 2017 (29 ans).

L’échafaudage mis en place par l’actuel président de la FFRIM pour durer à la tête du football mauritanien s’inspire largement de celui que les « momies » de la FIFA et de la CAF avaient élaboré pour venir à bout de la concurrence. Ce sont, en fait, des « restrictions » qui ressemblent fort bien au principe de la short list, pour ne pas dire le candidat unique, ou du « gré à gré » par élimination directe débouchant sur une désignation.

En dehors des résultats, il faudra bien que les dirigeants de notre football pensent, à l’avenir, à un mécanisme garantissant l’alternance. Le sentiment d’irrévocabilité et les certitudes de l’instant ne sont pas des éléments sur lesquels on peut envisager le long terme.

Sneiba Mohamed