« William Bourdon & Sherpa : au cœur des affaires sulfureuses de la ‘bande de Bouamatou’ » | Elhourrya

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« William Bourdon & Sherpa : au cœur des affaires sulfureuses de la ‘bande de Bouamatou’ »

jeu, 18/04/2019 - 22:29

Le 28 mars dernier, le site d’informations Dreuz a mis en ligne les 11 369 mails saisis sur l’ordinateur de Mohamed Ould Debbagh, bras droit de Mohamed Ould Bouamatou et vice-président du Groupe Bouamatou (BSA).

https://www.dreuz.info/2019/03/28/les-dreuzleaks/

Certains éléments édifiants figurant dans ces mails avaient déjà fuité dans la presse, apportant notamment des preuves flagrantes des liens étroits entre M. Bouamatou, l’avocat William Bourdon, et son ONG Sherpa. Les informations rapportées par le JDD il y a maintenant plus d’un an faisait en effet déjà état d’un curieux mélange des genres entre William Bourdon l’avocat des intérêts privés d’une des plus grandes fortunes de Mauritanie en conflit avec le pouvoir en place dans son pays d’un côté, et de l’autre William Bourdon le Président d’une ONG qui a déjà produit deux rapports à charge contre l’Etat mauritanien.

https://www.lejdd.fr/Societe/mauritanie-lassociation-sherpa-impliquee-da...

En analysant plus en détail la masse de données révélées par le Dreuzleaks, se dessine aux yeux des observateurs avertis un étrange cercle de relations mêlées d’amitié et de complicité entre les différents membres qui composent ensemble ce que l’on pourrait appeler la « bande de M. Bouamatou »

C’est donc l’histoire d’une curieuse équipe où chacun a son pseudonyme. Ainsi le grand chef M. Bouamatou s’appelle « Ma symphonie », son bras droit M. Debagh est « Jean Claude Taillieu » et leur avocat mauritanien Yezid El Yezid est quant à lui « Alain Merri ».

Entre 2013 et 2017, William Bourdon s’est progressivement fait sa place au sein de cette bande jusqu’à devenir à partir de 2016 et après des demandes répétées de sa part « co-conseil dans l’ensemble des procédures en Mauritanie concernant M. Bouamatou ». Cet entrisme de la part de Me Bourdon était bien évidemment loin d’être désintéressé et ses honoraires, négociés sur un forfait annuel divisé en deux tranches, s’élevaient fin 2016 à plusieurs centaines de milliers d’euros. Entre 2013 et 2017, plus de 2 millions d’euros auront ainsi été versés à M. Bourdon. Les multiples factures adressées par mail à M. Debagh et les ordres de virement transmis par ce dernier à M. Bourdon en témoignent.

Au fil des mois, le cabinet de M. Bourdon s’est en outre progressivement retrouvé au cœur d’un petit groupe d’obligés de M. Bouamatou composé de plusieurs autres avocats (Georges-Henri Beauthier à Bruxelles et Jean Marie Job du cabinet JTBB avocats), de juriste (M. Henri Thulliez, consultant pour Human Rights Watch et Thomas Clay, Professeur à l’Université de Versailles Saint-Quentin), et de consultant comme Olivier Peschard placé à la tête d’un cabinet fantôme d’Intelligence économique racheté par Bouamatou, le cabinet Gaudino. Ces différents interlocuteurs se réunissaient selon les mails dévoilés à intervalle régulier selon les dossiers mais dont le point commun était à chaque fois la défense des intérêts de M. Bouamatou.

Sur certains dossiers, W. Bourdon se voyait ainsi verser des virements dont il était ensuite chargé de « dispatcher » les sommes à qui de droit. Ces virements - à chaque fois de plusieurs dizaines de milliers d’euros - provenaient soit directement de la maison-mère de M. Bouamatou, le groupe BSA, soit de sa filiale Soframa, une société écran apparement chargée de blanchir les capitaux fournis par BSA à travers des circuits financiers complexes que permettent de démêler les mails du Dreuzleaks. On voit mal comment ce point-là aurait pu échapper à la vigilance de M. Bourdon, surtout quand on découvre qu’il a fourni en 2013 à M. Debagh un RIB personnel à côté de celui de son cabinet.

On comprend mieux à l’aune de ces éléments que l’ONG Sherpa, dirigée par M. Bourdon, n’aura pas mis longtemps (dès 2013) à orienter une partie de ses activités sur la Mauritanie avec pour seul et unique objectif de déstabiliser autant que possible le pouvoir en place.