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Pour la mémoire d’Ahmed que doit faire le rais ?

mar, 29/12/2015 - 19:56

Cette fête de Maouloud est un mélange de joie et de tristesse et pas seulement à la Présidence. Le drame qui a bouleversé toute la Mauritanie est encore présent dans les esprits. Je sais que le statut de « fils du président » a joué en pareille circonstances mais il est loin d’avoir été déterminant dans l’émoi populaire que le pays a connu. Ce sont les circonstances du drame (mission humanitaire) confortées par des images le montrant au milieu de familles pauvres de cette « Mauritanie profonde » qui n’intéresse la classe politique qu’en période électorale, qui ont ému tout le monde. On se dit, finalement, que le fils du Président était sur la bonne voie, que son action n’avait aucun relent de propagande comme l’insinuait une opposition en mal d’arguments.

L’action humanitaire de la fondation « Rahma » s’exécutait-elle plutôt dans le cadre d’une stratégie parallèle visant à redonner espoir aux populations puisque celle du « Président des pauvres » a été dévoyée par des exécutants malhonnêtes et revenus, très tôt, à leurs vieilles habitudes ?

Car il faut bien reconnaître que la voie suivie par l’APD et les ressources engrangées ces dernières années grâce à la bonne tenue des secteurs de production (fer, or, cuivre, poisson) n’est pas vraiment celle annoncée par le « président des pauvres » à sa prise du pouvoir en août 2008. C’est un fait et je crois que, malgré les progrès réalisés dans certains domaines, et l’assurance d’un pouvoir entretenant une « guerre des mots » avec son opposition, le président Aziz en est bien conscient. Cette aliénation de « l’esprit » du 03 août 2005 et, dans une moindre mesure, de la « Rectification » du 06 août 2008, trouve son explication dans la résurgence quasi totale de tout le « personnel technique » de Taya. On peut même dire que ceux qui constituaient les « seconds couteaux » au temps de l’homme du 12/12 se sont très vite mis à l’école de l’opportunisme pour s’opposer, avec force, au retour des anciens barons. C’était en fait le choix entre la médiocrité ambiante, en 2005, et les anciens « budgétivores ». Le choix entre la peste et le choléra.

« Un seul être  vous manque, et tout est dépeuplé »

Certes, l’être cher évoqué par Lamartine dans son célèbre poème Le Lac n’a rien à  voir avec celui que le président Aziz et les pauvres de Mauritanie viennent de perdre mais il s’agit, dans un cas comme dans l’autre,  d’une douloureuse séparation. Ahmed était présenté par ceux qui prétendaient connaître la nature des rapports qu’il entretenait avec son père,  comme le confident et le conseiller du rais. Il aurait pu, si le sort n’en avait pas décidé autrement, porter son père vers un changement d’attitude envers la politique suivie jusqu’à présent mais, plus important encore, envers l’action à mener sur le plan économique et social pour retrouver le projet – perdu – de « président des pauvres ». Et je crois que la fondation « Rahma » devrait être l’instrument de cette nouvelle orientation quand tout a été faussé par le gouvernement et des hommes d’affaires véreux.

Aziz se doit maintenant de poursuivre l’œuvre inachevée mais bien porteuse de son fils Ahmed. Ce sera difficile parce que son statut de président ne lui permet pas de se donner les libertés que le défunt avait mais il peut faire en sorte que l’Etat-providence recouvre toute sa plénitude, quand la lutte contre la gabegie devient une action sérieuse menée par des hommes de confiance et vraiment engagés.

La redistribution de la richesse nationale passe par là et, pour la mémoire d’Ahmed, cela devrait valoir tous les sacrifices pour un président dont la force réside dans la détermination que lui reconnaissent ses adversaires politiques les plus acharnés.

SM