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Réseaux sociaux : le pouvoir perd la bataille de la communication

lun, 18/01/2016 - 10:51

La bataille fait rage sur les réseaux sociaux entre les soutiens du pouvoir mauritanien et ceux de son opposition. Tous les coups sont permis. Et si les médias officiels (télévision, radio et agence) consacrent l’essentiel de leur temps à la propagande du gouvernement, aidés en cela par une presse « indépendante » dépendante, de jeunes blogueurs révoltés par la situation générale du pays, tentent vaillamment de rendre coup pour coup sur les réseaux sociaux. On peut même dire que, sur ce terrain-là, les soutiens du président Aziz manquent d’inspiration. Il arrive même qu’ils commettent de grosses bourdes. Et là, les blogueurs de l’opposition, engagés et non pas embarqués, ne les ratent pas.

 

La bataille qui fait rage actuellement sur Facebook est provoquée par la sortie malheureuse d’un jeune cadre du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR) qui, dans un moment de manque de lucidité, compare la Mauritanie d’Aziz à la Suisse ! Rien de moins! Sans savoir qu’en voulant servir le pouvoir, il le dessert. Le jeune conseiller au ministère du Pétrole et beau-frère du président du parti au pouvoir a attiré contre le régime en place à Nouakchott un flux ininterrompu de dérisions. Photos.

Dans cette photo-montage, le blogueur Mohamed Ould N’Dioubnane attire l’attention sur la « Suisse d’Afrique » par une mise en parallèle entre le plus grand marché de Nouakchott, aux couleurs et odeurs africaines, et celui de Lausanne.

Et parce que le gouvernement a promis depuis 2009 de doter la capitale d’un réseau d’assainissement digne de ce nom, et que le projet annoncé pour 100 millions de dollars US est resté à l’état de projet, le blogueur Ahmed Ould Abdawa s’en va le rappeler par cette image.

La santé, autre secteur où le gouvernement dit avoir réalisé des miracles depuis l’arrivée d’Aziz au pouvoir, n’est pas épargnée. Alors que les réalisations sont déclinées en termes d’hôpitaux, d’équipements et de formations plus adaptée à notre contexte, la photo ci-dessous montre des malades assis à même le sol.

Dans la série des images qui font mal, cette autre photo qui montre que le phénomène de « l’accueillite »  a survécu au président Taya, l’homme fort en Mauritanie du 12/12/84 au 05/07/2005. Des citoyens qui ne comprennent rien à la politique sont mobilisés par des (ir)responsables sans foi ni loi pour montrer leur allégeance aveugle au pouvoir. À tous les pouvoirs, de l’indépendance de la Mauritanie (1960) à nos jours.

La réhabilitation des quartiers précaires de Nouakchott, avec le relogement de quelque 100000 familles, selon le ministère de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, est tournée en dérision par cette photo qu’un blogueur qualifie de « Davos » mauritanien.

La sécurité n’est pas en reste. Domaine où le pouvoir a assis sa notoriété à l’extérieur grâce à ses victoires contre Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) qui n’a plus réussi d’opérations terroristes en Mauritanie depuis 2011, rappelle le pouvoir), elle fait défaut à l’intérieur raille l’opposition. Celle-ci dénonce les meurtres, viols et vols qui font les choux gras de la presse locale. L’image ci-dessous est celle d’un blogueur qui dit être à côté des « batteries antiaériennes » de l’armée mauritanienne.

Pour faire face à toutes ces critiques, les pro-Aziz réagissent timidement mais surtout maladroitement. On déplore même que ceux qui profitent le plus de son pouvoir, y compris de grands journalistes présents sur les réseaux sociaux, ne parviennent pas à « résister » aux attaques d’une opposition plus engagée que jamais dans la bataille médiatique.

La réponse « culte de la personnalité » est un signe qui ne trompe pas : la com du président est défaillante et, pour préparer un troisième mandat, après 2019, malgré les verrous de la Constitution, il faut dégager la route dès à présent.