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DEBAT : Les nègreries politiques en Afrique noire

mer, 02/03/2016 - 18:55

 

On est découragé en suivant le parcours politique de l’Afrique noire, depuis les indépendances, survenues en 1960, pour la majorité de nos pays. Nos  pays  ont été colonisés principalement par la France, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, ainsi que des pays comme l’Allemagne et la Hollande, qui ont fait un passage-éclair sur notre continent…

 

« La politique est un art, mais tout le monde n’est pas artiste » avait l’habitude de dire feu IHOU Cléophas, mon père. En Afrique,  la majorité des hommes et des femmes vont en politique, non pas pour chercher le bonheur de leurs peuples, mais pour des desseins d’enrichissement et de bonheur personnels. La paresse légendaire nègre aidant, tout le monde veut être Président ou Premier Ministre, sans aucun effort…

En Occident, un prétendant à la magistrature suprême est un homme politique ou un homme(ou une femme) bien instruit des choses de la politique, de l’économie et de la vie en général, et cet homme ou cette femme est porté (e) par un parti ou, s’il est indépendant, par des hommes et des femmes avec qui il a travaillé et travaille…

 

La mode, en Afrique, auparavant, était le coup d’Etat, un raccourci pour les hommes en kaki pour accéder au pouvoir ; puis, c’est la rébellion qui a suivi : on se bombarde colonel ou général, et on tente de prendre le pouvoir, en se drapant dans un beau costume d’officier, alors qu’on sait à peine démonter et remonter une arme ! Aujourd’hui, on compte sur la limitation des mandats à deux du président sortant pour arriver « triomphalement » au pouvoir ! Depuis que l’occident a sorti cette notion de limitation à deux des mandats des dirigeants africains, les politiciens nègres sont entrés en transe ! Deux mandats ou rien ! Pourquoi pas un seul mandat ? Seul un nègre peut répondre à cette question !

Valéry Giscard d’ESTAING a été dégagé par François  Mitterrand à la fin de son premier mandat ! Nicolas SARKOZY a été dégagé par François Hollande à la fin de son premier mandat ! Jimmy CARTER a été dégagé par Ronald Reagan à la fin de son premier mandat ! George BUSH sénior a été dégagé par  Bill CLINTON à la fin de son premier mandat !

Actuellement, en cette année 2016, il existe des pays  à travers le monde, où le mandat de L’EXÉCUTIF n’est pas limité à deux (Albanie, Arménie, Autriche, Brésil, Croatie, Bulgarie, République tchèque, Estonie, Finlande, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Kirghizistan, , Lettonie, Luxembourg, Lituanie, Moldavie, Monténégro, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Turquie, Ukraine, Israël, Singapour, Royaume-Uni, etc. ), d’autres où le mandat est limité à un seul (Corée du SUD, Costa Rica, Panama, Mexique, etc.), d’autres, enfin , où le mandat est limité à deux (USA, France, Russie, etc.). Tous ces pays sont, soit des monarchies constitutionnelles, soit des régimes semi-présidentiels (ou semi parlementaires) soit enfin des démocraties parlementaires. En dehors de ces trois systèmes, il faut noter  les cas particuliers des monarchies absolues où un roi(ou une reine) succède au souverain sortant à la mort de celui-ci (ou celle-ci), ou à sa démission (Arabie saoudite, Emirats Arabes Uni, etc.)…

 

Pourquoi alors les nègres entrent en transe, dès qu’ils entendent prononcer le terme de « limitation à deux des mandats de l’exécutif » en Afrique noire ?

 

Pour la petite histoire, aux USA, Georges Washington a quitté volontairement sa fonction de Président des Etats-Unis d’Amérique, après son second mandat et ceci a créé une sorte de règle qui est devenue coutume constitutionnelle. Par la suite, seul le Président Franklin Roosevelt a brigué un troisième, puis un quatrième mandat en 1944, et c’est le 27 février 1951 que le vingt deuxième amendement fut adopté, inscrivant dans la Constitution américaine la limitation des mandats à deux, pour les Présidents américains ! Cet amendement a été complété par une mention qui prévoit qu’en cas de décès ou de démission du Président, le vice-président assume ses fonctions et s’il est président pendant plus de deux ans, il ne peut être réélu qu’une fois ; c’est-à-dire que s’il est donc Président pendant plus de 6 ans, il ne peut être réélu au cours des 4 années qui suivent ! Étant entendu qu’il peut se représenter à la présidence  des Etats- Unis, après les 4 ans, tout comme les présidents américains qui ont fini leurs deux mandats, et qui peuvent, s’ils veulent, briguer un nouveau mandat après une absence de 4 ans ! Barak OBAMA peut donc briguer un nouveau mandat de 4 ans, après la présidence de celui ou celle qui sera élu prochainement ! Cela nous rappelle le coup fumeux de Vladimir POUTINE, après la passage de Meldeev à la présidence russe !

Pour la petite histoire encore,  en France, c’est Jacques Chirac qui a inauguré le quinquennat, de 2002 à 2007, la Constitution française prévoyant auparavant, un septennat, et le mandat n’était pas limité à deux !

Pour la petite histoire encore, LEE KUAN YEW est resté 31 ans au pouvoir, en tant que Premier ministre de Singapour (une démocratie parlementaire), et est décédé à 91 ans, honoré par tous les Singapouriens, parce qu’il a transformé un petit pays-rocher, en 31 ans de règne ininterrompu, en un paradis, ou le salaire minimum est 26 fois supérieur à celui des togolais ! Ce pays, ancienne colonie britannique, indépendant seulement en 1963, avec la Malaisie, possède l’un des 5 plus grands ports du monde !

 

Alors, que se passe-il dans la tête de nous les nègres ?

 

Passons rapidement en revue  quelques nègreries  politiques en Afrique :

Le Burundi : Les Singapouriens doivent se tordre les côtes de rire quand ils lisent sur les réseaux sociaux, que 500 burundais sont morts pour… un troisième et dernier mandat de Pierre Nkurunziza , eux qui sont restés 31 ans sous le gouvernement de LEE KUAN YEW !

 

Pourquoi laisser élire Nkurunziza pour un deuxième mandat, s’il n’est pas bon et vouloir lui interdire un troisième mandat auquel, lui, il dit qu’il a droit !

En épluchant la Constitution burundaise que j’ai sous les yeux, Mr Pierre Nkurunziza a effectivement droit à se présenter à un troisième et dernier mandat ! Laissons les nègreries politiques de côté et reconnaissons que l‘accord d’ARUSHA, comme tout accord politique, n’est pas au-dessus de la CONSTITUTION d’un pays, et  six juges sur  sept, composant le Conseil Constitutionnel burundais, ont  jugé conforme à la Constitution, la candidature de Mr  Nkurunziza ! Au Togo, le négro-caucasien Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition togolaise, a aussi, une fois, ânonné que l’Accord Politique Global (APG) togolais est au-dessus de la Constitution togolaise ! Nous l’avons recadré et il n’a plus jamais sorti de telles énormités ! J’ai l’APG sous les yeux, et nulle part, dans ce texte, il n’est fait allusion à notre Constitution du 14 octobre 1992, approuvée par référendum, par 96 % des togolais !

Pour la petite histoire sur le Burundi : Aux élections législatives du 18 septembre 1961, l’UPRONA du Prince LOUIS RWAGASORE remporta 58 des 64 sièges de la nouvelle Assemblée nationale. L’UPROHUTU (Union pour la promotion hutu) est la deuxième force politique du pays. Le prince Rwagasore est assassiné le 13 octobre ; le pays devient indépendant le 1er juillet 1962, et le roi MWAMBUTSA IV établit une monarchie constitutionnelle. Le 15 janvier 1965, le premier ministre hutu Pierre NGENDANDUMWE est assassiné et le 8 juillet 1966, le roi est déposé par son fils  NTARE V, renversé à son tour par son Premier Ministre Michel Micombero, le 28 novembre,  et qui proclame la République, en abolissant la monarchie… Jusqu’en 1972, la jeune armée burundaise est composée d’HUTU et de TUTSI depuis l’homme de troupe jusqu’aux officiers supérieurs… Le29 avril 1972, des groupes HUTU de l’Organisation UBU (UMUGAMBWE W’Abakozi b’Uburuundi) tentent  de prendre le pouvoir en éliminant les TUTSI ! Aussitôt l’insurrection déclenchée, l’ex-Roi NTARE V est assassiné ! Les insurgés sont réprimés avec férocité, avec au moins un bilan de 100.000 morts ! Le régime MICOMBERO tomba le 1er novembre 1976, et celui-ci fut remplacé par  le colonel Jean-Baptiste BAGAZA, qui fut déposé lui-même, le 3 septembre 1987, par le major Pierre BUYOYA ! Le 1er juin 1993, Pierre BUYOYA organise les premières élections pluralistes dans le pays, et les perdit au profit du FRODEBU (Front pour la Démocratie au Burundi) de Melchior NDADAYE, un HUTU ! Des élections présidentielles et législatives sont organisées respectivement les 1er et le 30 juin 1993 et remportées toutes par le FRODEBU. Buyoya passe le témoin à NDADAYE, qui nomma, le 10 juillet 1993, la Tutsi SYLVIE KINIGI, comme Premier Ministre… Le 21 octobre 1993, des militaires tutsi de l’armée exécutent le Président Melchior NDADAYE et six de ses ministres, ainsi que le Président de l’Assemblée nationale, Richard NDIKUMWAMI ! L’intérim du pays fut assuré par le Premier ministre SYLVIE KINIGI, du 27 octobre 1993 au 5 février 1994, et le 14 janvier 1994, Cyprien NTARYAMIRA, du FRODEBU, fut élu Président de la République, pour calmer la situation et Sylvie KINIGI fut maintenue au poste de Premier Ministre, jusqu’à la nomination de Mr Anatole KANYENKIKO, membre de l’UPRONA, comme Premier Ministre, le 11 février 1994 …

Hélas, le 6 avril 1994, l’avion qui ramenait le Président burundais NTARYAMIRA et le Président rwandais HABYARIMANA fut détruit à l’atterrissage, déclenchant le génocide au RWANDA, où un million de Tutsi furent massacrés, et un autre million de HUTU tués,  quand le FPR de KAGAME prit le pouvoir !

 

Au Brundi, Sylvestre NTIBANTUNGANYA est nommé Président par intérim, le 30 septembre 1994, mais ne restera pas longtemps à ce poste, car le major Buyoya reprit le pouvoir, par un coup d’Etat ! L’Accord d’ARUSHA fut signé le 28 aout 2000, sous l‘égide de Nelson Mandela et du Président tanzanien, et cet accord entra en vigueur le 1er novembre 2001, et prévoyait, en attendant les élections législatives  et municipales pour 2004, une période de transition de trois ans, avec, pour les 18 premiers mois, le major BUYOYA pour la présidence et  NDAYIZEYE Domitien (FRODEBU) à la vice-présidence, avant que les rôles ne soient échangés les 18 mois suivants ! L’alternance prévue fut respectée par BUYOYA, le Sénat de transition élit l’UPRONISTE Libère BARARUNYERETSE à sa présidence… L’Exécutif HUTU-TUTSI fonctionne…

Hélas, le 7 juillet 2003, les forces hutu des CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces  de Défense de la Démocratie), en coalition avec le PALIPE-HUTU -FNL( (Parti pour la Libération du Peuple HUTU- Forces de Libération nationale) attaque BUJUMBURA !

Un accord de paix (Protocole de Pretoria) est néanmoins signé le 15 novembre 2003 entre le Président NDAYIZEYE et le chef des CNDD-FDD, Pierre Nkurunziza…

Aux élections communales du 5 juin 2005, avec 1.781 sièges sur les 3. 225 à pourvoir, NKURUNZIZA remporta le scrutin (62, 9 % des voix), contre 20,5% pour le FRODEBU et seulement 5 % des voix pour l’UPRONA…

Le CNDD-FDD,  majoritairement hutu, dispose  de la majorité absolue dans 11 des 17 provinces du pays. Le CNDD-FDD remporte également les législatives du 4 juillet 2005, et les sénatoriales du 29 juillet. Et Pierre Nkurunziza est élu Président de la République  le 19 août et investi le 26 août  2005… Enfin, le 26 mars 2010, le CNDD-FDD obtient la majorité des 2/3 aux élections communales…

 

Si vous comprenez quelque chose dans ce drame sanglant du Burundi, le cas des autres pays nègres africains est un pipi de chats !

 

Au Sénégal, on fustige Macky SALL, parce qu’il respecte les décisions du Conseil Constitutionnel (sous prétexte qu’il avait fait des promesses électorales, de ramener le mandat présidentiel de 7 à 5) ! Pour certains nègres, les promesses électorales sont au-dessus du Conseil Constitutionnel !

Au Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui a épousé une ivoirienne, obtient de facto la nationalité ivoirienne, s’il le désire (selon la Constitution ivoirienne) et des négrillons crient au scandale, quand le Président ivoirien, Alassane OUATTARA,  signe son décret de naturalisation ! Ils auraient préféré que Mr OUATTARA extrade « le beau Blaise »et son frère François, en  même temps qu’il expulse les 5 millions de burkinabé, qui vivent plutôt bien au pays d’HOUPHOUET BOAGNY ! La politique a ses raisons que la raison ne connait pas ! Les japonais ont refusé d’extrader l’ex-Président FUJI MORI du Pérou, que son pays (qu’il a dirigé durant deux mandats) a réclamé, à cors et à cris ! Je n’ai entendu aucun nègre crier au scandale, alors que ce binational a commis plus de crimes que Blaise Compaoré, pendant qu’il était Président du Pérou !

 

Au Togo, des nègres ne crient qu’au scandale (selon eux) à cause du troisième mandat en cours de Faure Gnassingbé, alors que notre Constitution actuelle ne limite pas le nombre de mandats de l’Exécutif ! Au lieu de convaincre leurs compatriotes de voter pour eux, lors des scrutins législatifs et présidentiels, ils crient que la COUR CONSTITUTIONNELLE est inféodée au pouvoir, mais ils courent,  comme Ben JOHNSON, déposer leurs dossiers de candidature auprès de cette même COUR, quand il y a des élections ! Comme nègreries, il n’y a pas mieux !

Au Congo, Dénis SASSOU N’GUESSO a organisé un référendum (cela fait partie de ses prérogatives), pour briguer un nouveau mandat ; ses opposants ont fait des « journées villes mortes » (autre nègrerie ridicule) en vain et le Président, imperturbable, organise une présidentielle anticipée qu’il remportera sans coup férir !

Au Tchad, où le mandat présidentiel n’est pas limité à deux, les opposants à IDRISS DEBY comptent rendre « impossible » sa candidature par des journées villes mortes ! Je leur souhaite du courage !

 

Au Niger, l’opposant Hama AMADOU, arrivé second au premier tour de la présidentielle, avec un peu plus de 17 % des voix, contre  un peu plus de 48 % des voix au président sortant, est en prison, inculpé pour trafic présumé de bébés nigérians ! Un simple test ADN lui aurait évité l’humiliation de la prison, mais il persiste et signe, en invoquant l’islam, comme si Mahomet connaissait les tests ADN, qui ne sont pratiqués que depuis moins de 50 ans, par les scientifiques ! S’il gagne la présidentielle, faut-il l’amener de sa prison, faire la passation de service avec le Président sortant, et le ramener après dans sa cellule ?

 

Je suis vraiment fatigué de citer toutes les nègreries en politique, et c’est pourquoi, je m’arrête ici…

 

Dr David IHOU, Consultant en Géopolitique et Stratégie Sécuritaire

 

Source :  ledjely.com