Chambre de commerce : rendons à César ce qui appartient à César | Elhourrya

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Chambre de commerce : rendons à César ce qui appartient à César

jeu, 03/03/2016 - 20:48

Une précision d’abord : Ceux qui me connaissent savent que j’ai quelques penchants pour l’attaque (la critique, au sens restreint du terme) mais pas pour la défense. Surtout quand « l’accusé » est « responsable de quelque chose ».

J’ai lu sur un site (que je ne nomme pas) une série d’articles et de billets qui tirent à boulets rouges sur le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Mauritanie (CCIAM), l’ambassadeur et ex ministre Mohamedou Ould Mohamed Mahmoud. On reproche à ce monsieur, entre autres,    le temps passé (long ?) à la tête de la CCIAM, ses nombreux voyages (!!!) et une gestion « personnelle » de la Chambre ! En somme, rien du tout, puisqu’il s’agit de simples présomptions. Un site de la place avait même écrit, il y a quelques jours, que l’IGE (inspection générale d’Etat) avait élu domicile à la CCIAM mais vérification faite, on a découvert qu’il n’en était rien. Une rumeur qui s’ajoute à la rumeur cela donne quoi ? De la désinformation. Du discrédit pour une presse qui, pourtant, a besoin, plus que jamais, de redorer son blason terni. L’Etat aurait été obligé d’agrandir ses prisons si le délit de presse existait encore. La diffamation est devenue le sport quotidien de nous autres « journulistes ». Enfin, passons ! Revenons à la CCIAM.

La Chambre dont on parle aujourd’hui a un avant et un après Mouhamedou Ould Mohamed Mahmoud. Dites-moi, franchement, qui se rappelle encore de l’état de délabrement dans lequel l’actuel président l’a trouvée ? Qui avait vraiment le désir - le courage même - d’en être le patron ?

Quand, à la fin du siècle dernier, je venais au Centre d’Information Mauritanien pour le Développement Economique et Technique (CIMDET) à la recherche d’informations pour les besoins des dossiers que je préparais pour le compte du journal L’Essor, j’ignorais qu’à côté, il y avait cette « chose » qu’on appelait alors chambre de commerce. Du côté de la porte nord donnant sur l’Administration des Domaines, il y avait une baraque servant de boutique et de l’autre côté, la tente-habitat du gardien ! A l’époque, la chambre de commerce était l’ombre d’elle-même. Une coquille vide. Pas de notoriété intérieure ou extérieure. Une forme sans contenu bien que son existence date de 1958 !

Aujourd’hui, les visiteurs sont ravis de voir l’une des plus belles bâtisses de la capitale Nouakchott. Ceux qui ont la chance de voyager peuvent se rendre compte qu’en Afrique peu de chambres de commerce disposent de locaux pareils. Les visiteurs de chambres étrangères se demandent comment leurs confrères mauritaniens ont fait pour se doter de tels locaux. Le mérite revient, à n’en pas douter, à l’homme qui, en prenant la tête de cette institution, est venu avec des idées novatrices et la volonté de travailler sur le long terme. Il suffisait de réfléchir, de concevoir et de proposer pour que l’Etat, à travers l’Amextipe, mette la main à l’œuvre. Et le résultat est là, visible.

Il fallait aussi disposer de l’entregent nécessaire, et la capacité de persuasion d’un diplomate chevronné pour que les partenaires (UE, AFD, BAD, etc) apportent leurs soutiens à l’œuvre de construction d’une chambre de commerce digne de ce nom. Les voyages tant décriés ont servi pourtant à quelque chose. La Chambre consulaire a ainsi signé plus de 72 protocoles d’accords de coopération avec des partenaires extérieurs et organisé plusieurs ateliers et séminaires. Sous la présidence d’Ould Mohamed Mahmoud, elle a renoué, et de belle manière, avec les réseaux consulaires régionaux et internationaux. On ne peut les citer tous mais en voici les plus importants :

-              Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Pays Arabes,

-              Chambre de Commerce des Iles Canaries,

-              Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Casablanca (Maroc),

-              Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Rabat (Maroc),

-              Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie de Sfax (Tunisie),

-              Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie de Gambie,

-              Conseil des Chambres de Commerce et d’Industrie d’Arabie Saoudite

-              Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal,

-              Chambre régionale de Commerce et d’Industrie de Haute Normandie (France),

-              Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin,

-              Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture Belgique –Luxembourg-Afrique-Caraïbes-Pacifiques,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie Arabo-Allemande,

-              Chambre Islamique de Commerce et d’Industrie,

-              Chambre de Commerce Italo-Arabe,

-              Union des Chambres de Commerce Egyptiennes,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie de Qatar,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire,

-              Chambre de Commerce et d’Industrie du Québec,

-              Union des Chambres de Commerce et d’Industrie Africaines,

Par son dynamisme, la CCIAM assure aujourd’hui des fonctions importantes au sein de plusieurs chambres et réseaux consulaires :

-              Présidence de l’Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Pays Arabes,

-              Vice-présidence pour la zone Afrique du Nord de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones;

-              Membre du Bureau et Conseiller de La Chambre de Commerce Franco-Arabe;

-              Membre du Conseil d’Administration des Chambres Arab-Belgium – Luxemburg et Arabo-Portugaise.

Plus important, cet établissement public à caractère professionnel, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, dont la mission principale est d’encadrer et de représenter les intérêts économiques des entreprises commerciales, industrielles, agricoles, de pêche et de prestation de service auprès des pouvoirs publics, a su s’adapter au nouveau contexte international et mieux répondre aux attentes des milieux économiques. Le mérite revient, en premier, à son président et à son secrétaire général Abdel Aziz Wane dont les capacités d’organisation et de gestion sont aujourd’hui remises en cause par des envieux, qui n’ont rien à faire que d’engager des anonymes pour inonder les sites d’écrits sans valeur parce que non « sourcés » et non argumentés. La question qu’on se pose c’est : pourquoi, à quelques mois de la fin du mandat du président de la CCIAM ? La décence, que dis-je, la reconnaissance, voudrait que ceux qui veulent s’emparer de la CCIAM attendent que la « succession (soit) ouverte ».

Sneiba