La politique de la « punition collective » se poursuit contre nos compatriotes vivant en Angola | Elhourrya

video

Elhourriya Zoom

social

La politique de la « punition collective » se poursuit contre nos compatriotes vivant en Angola

mer, 23/03/2016 - 13:08

Nonobstant l’information qui fait cas de l’enterrement, quasi quotidien, de 500 personnes à cause de l’épidémie mortelle qui fait des ravages dans ce pays, nos compatriotes vivant en Angola vivent des conditions difficiles, tués par la fièvre jaune et visés par les « escadrons de la mort » qui prennent les mauritaniens pour leur cible depuis que la crise économique a pris de l’ampleur dans cet Etat naguère très prospère.

Malgré cette amère réalité, la Mauritanie officielle continue à faire la sourde oreille, délaissant ainsi à son propre sort la plus grande communauté nationale vivant à l’étranger ; une colonie qui a contribué, et continue à contribuer, à l’essor économique du pays par les transferts de devises (surpassant tous ceux venant d’Europe) et par l’aide sociale qu’elle apporte aux parents et proches restés en Mauritanie.

Le gouvernement mauritanien doit prendre aujourd’hui des mesures urgentes pour venir en aide à nos compatriotes vivant en Angola, pays qui, malgré ses richesses, ne dispose pas de personnels de santé nécessaires. Pour cela, Nouakchott doit envoyer une équipe médicale pour voler au secours des Mauritaniens et des Angolais qui les ont accueillis. L’Etat doit également faciliter les modalités du voyage pour des milliers de Mauritaniens vivant dans les zones reculées de ce vaste pays et ne disposant même pas de documents attestant leur nationalité. Certains ont été obligés de recourir aux documents de réfugiés somaliens et soudanais pour faciliter leurs déplacements dans un pays où la représentation diplomatique de la Mauritanie reste parmi les plus faibles, comparativement à la Cote d’Ivoire et au Congo Brazzaville.

Il faut souligner, dans ce contexte, l’aide précieuse que l’homme d’affaires Memoud Ould Seyid (lui-même privé de sa nationalité ne pouvant entrer en possession de ses documents d’état-civil) a été précieuse pour ces dizaines de mauritaniens qu’il a libérés des prisons angolaises et aidés à regagner leur pays. Mais la situation actuelle dépasse, de loin, les efforts d’une personne aussi engagée soit-elle. Elle relève de la responsabilité d’un gouvernement qui doit savoir qu’il est temps de mettre fin à la politique de la « punition collective » qui n’aura aucun effet sur une communauté qui ignore l’Etat et ne se soucie guère de ses fonctions. Une communauté qui gardera la tête haute, quelles que soient les mesures prises à son encontre, en commençant par le limogeage de ses cadres les plus compétents, et en aboutissant à ce qui ressemble bien aujourd’hui à un « génocide » en Angola.

Mohamed Néma Omar